Categories

Accueil > En attendant un classement > Étude de la possibilité d’une intervention des citoyens pour la production (...)

30 mars 2005
Loïc Dayot

Étude de la possibilité d’une intervention des citoyens pour la production d’électricité propre

La législation en France allant vers une libéralisation (pas toujours souhaitée, souvent redoutée), ne serait-ce pas là une occasion de promouvoir les énergies renouvelables ? Quel rôle pourrait avoir les citoyens pour cette promotion, indépendamment des soutiens publics à la pérennité incertaine ? Une coopérative de consommateurs (voire de producteurs-consommateurs) d’électricité propre est-elle possible ?

Contexte économique de l’énergie électrique en France

Depuis longtemps, la production et la distribution d’électricité est un monopole de l’État. Cela assure notamment une égalité de traitement et un aménagement équilibré du territoire.

Mais depuis le milieu des années 1970, une orientation plus que dominante a été tracée, celle de la production nucléaire. Plus de nombreuses raisons, notamment environnementales, cette option est décriée. Mais depuis, tous les efforts de recherche sont consacrés au nucléaire, au détriment de toute autre source nouvelle source d’énergie. Si bien qu’actuellement, le savoir-faire en France se réduit au nucléaire et à l’hydraulique (plus ancien).

Depuis quelques années, qu’on le déplore ou non, le marché de l’énergie se libéralise sous l’impulsion de la politique économique de l’Union européenne. Marqué par les orientations européennes. Depuis juillet 2004 les entreprises ont le choix entre les producteurs d’électricité. En 2007 les particuliers, pourront en faire autant. C’est ainsi que certaines entreprises ou collectivités (encore très peu nombreuses) se fournissent auprès de producteurs indépendants, qui pour certains d’entre-eux, fournissent de l’électricité issue uniquement de l’hydraulique.

Par ailleurs, il y avait obligation pour EDF de racheter toute production d’électricité. De plus, pour encourager les énergies alternatives, cette obligation s’assortit d’une condition tarifaire avantageuse dès lors que la production est à base d’énergies renouvelables (solaire, éolienne notamment). Actuellement, cette condition tarifaire est remise en cause par un projet de loi qui en empêche le bénéfice à la plupart des producteurs d’électricité d’origine éolienne Article du Monde. On peut s’attendre à ce que ce genre d’attaque se renouvelle. C’est pourquoi, peut-être serait-il intéressant de prévoir dors et déjà une alternative.

Le gouvernement (ou est-ce l’Union européenne) oblige également EDF à proposer un abonnement à l’électricité propre aux entreprises. Cet abonnement présente un coût supérieur (+0,13 Cent HT le KWh) page EDF.

En France, des coopératives locales de production (à dominante hydraulique) et de distribution d’électricité se sont constituées, pour la plupart entre 1920 et 1935. Ces coopératives subsistent encore. Elles sont regroupées en syndicat. En Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, des coopératives de producteurs d’énergie éolienne, solaire fonctionnent déjà.

Un modèle économique alternatif : les circuits-courts pour l’agriculture biologique

L’agriculture biologique n’est pas soutenue par les accords négociés au niveau européen. Et pourtant, des producteurs en vivent et arrivent à distribuer leurs produits. C’est parfois au bon vouloir des marques et de la grande distribution. C’est pour d’autres producteurs, grâce à un autre dispositif reposant sur un engagement citoyens : les circuits-courts.

Un groupe de consommateurs avertis s’engagent à acheter sur une année la production d’agriculteurs bio. La distribution se fait en direct par des paniers. Il y a pour les producteurs l’assurance de débouchés, le partage des risques (climatiques notamment) et un revenu minimum stable. Pour les consommateurs, la garantie de denrée bio de qualité et la pratique d’une solidarité en marge du marché.

Une méthodologique de développement de projet alternatif : l’exemple de la coopérative Ouvaton

Ouvaton est une coopérative de producteurs-consommateurs de service d’hébergement de sites sur Internet. Les coopérateurs sont hébergeurs-hérbergés. Site de la coopérative Ouvaton

La constitution de la coopérative Ouvaton a été réalisée grâce à une association du même nom. Elle a rassemblé des fonds auprès de ses membres et a sollicité des subventions auprès du gouvernement de l’époque au titre du développement de l’économie sociale et solidaire. Elle a mis choisi les moyens techniques pour l’hébergement et a mis en place, à titre expérimental, de la plateforme technique qui a été reprise pour la société coopérative Ouvaton. Site de l’association Ouvaton

En trois ans, plus de trois mille personnes (individuelles ou morales) ont rejoint Ouvaton. L’équilibre financier est assuré, mais repose encore sur du bénévolat. L’offre et les prix suivent les besoins des coopérateurs et les progrès techniques, et ceci dans un marché concurrentiel très actif.

Une première étude de faisabilité est nécessaire, réclament l’avis d’experts dans le domaine. Peut-être même que l’idée n’est pas nouvelle et que d’autres ont déjà entrepris des démarches. Dans ce cas, mieux vaut réunir les forces avant de pourvoir les multiplier.

Une association pourrait se constituer pour rassembler les futurs membres d’un réseau de (production et de ) distribution d’électricité propre, sur le modèle de souscriptions et d’engagement à participer une fois le service en fonctionnement. Elle serait le support pour les partenariats avec les producteurs et les pouvoirs publics.

P.-S.

- L’électricité verte peine à se développer

Depuis un an, les entreprises et les collectivités locales peuvent choisir un fournisseur d’électricité autre qu’EDF. L’ouverture à la concurrence de ce marché, qui concerna également les particuliers à partir de 2007, n’a cependant pas encore d’impact sur le développement de l’énergie verte, faute de soutien suffisant des pouvoirs publics.

Commentaires

1 Message

Répondre à cet article